sam. Nov 29th, 2025

Choisir un designer est sans doute l’une des étapes les plus importantes avant de commencer des travaux. De cette personne dépend non seulement l’apparence de votre futur logement, mais aussi le confort de votre vie quotidienne à l’intérieur. Une erreur dans ce choix peut coûter des nerfs, de l’argent et du temps. Prenons donc les choses calmement et concrètement : comment comprendre qu’un designer vous convient vraiment, et comment ne pas se laisser piéger par de « belles images » et de grandes promesses.

La première chose à laquelle il faut prêter attention, c’est le sentiment de confiance et de calme. C’est quelque chose d’intuitif, mais c’est le plus important. Si, après avoir parlé avec le designer, vous avez le sentiment d’avoir été entendu, que la personne pose des questions, précise les détails, ne se précipite pas pour promettre un « intérieur parfait en un mois » — c’est bon signe. Un bon designer ne vend pas du « marbre et des rendus », il étudie votre mode de vie, vos habitudes, vos scénarios du quotidien. Il ne fait pas un projet « pour une belle photo », il fait un projet dans lequel il sera confortable de vivre pour vous. Lors du premier rendez-vous, ne regardez donc pas d’abord le portfolio (on y reviendra), mais la manière dont on vous parle. Si on vous coupe la parole, si on vous impose « c’est ce qui est à la mode en ce moment » sans clarifier ce qui est important pour vous — fuyez. Ce n’est pas un designer, c’est juste un vendeur d’intérieurs.

Parlons maintenant du portfolio. Beaucoup choisissent un designer en se basant sur ses images, et c’est naturel. Mais il est important de comprendre que de beaux rendus ne garantissent pas le résultat. Parfois, les rendus sont faits de manière à n’avoir ensuite aucun rapport avec la réalité. Demandez plutôt à voir des projets réalisés, surtout si le designer assure le suivi de chantier. Regardez si les visualisations correspondent aux photos de l’intérieur final. Si oui, cela signifie que la personne sait mener ses idées jusqu’au bout, et pas seulement produire de jolies images. Un autre point : observez si les projets se ressemblent tous. Si c’est toujours le même style, la même palette, les mêmes formes, il y a un risque que le designer fasse « pour lui-même » et non pour le client. Un bon professionnel sait s’adapter : parfois minimalisme, parfois classique, parfois accent sur le cocon, parfois sur la géométrie. La capacité à être polyvalent est un signe de professionnalisme.

Point suivant : la structure de travail. Demandez au designer de vous expliquer comment il construit son processus : par quoi commence le projet, quelles sont les étapes, quels documents vous recevrez. Si la personne ne peut pas expliquer clairement ce qui va se passer pas à pas, c’est qu’elle travaille elle-même de façon chaotique. Un bon système, c’est quand le client comprend ce qui se passera demain, dans une semaine, dans un mois. En consultation, le designer doit pouvoir montrer un exemple de projet : plans, schémas, visualisations, dessins techniques, tableaux de références. Plus la structure est transparente, plus vous serez serein à chaque étape.

Il est aussi très important de parler du budget. Un bon designer n’a pas peur de parler d’argent. Il dira honnêtement combien coûte son travail, comment se forme le prix et quels montants approximatifs seront nécessaires pour la réalisation. Mauvais signe si l’on vous promet un « intérieur de luxe avec un budget limité » ou, au contraire, si l’on est incapable de dire à peu près combien tout cela coûtera. Un professionnel connaît les prix des matériaux et du mobilier, peut proposer des options adaptées à votre niveau de budget, mais il ne promet pas l’impossible. Si le designer commence à travailler sans aucune idée du budget, c’est presque un terrain garanti pour les conflits.

Il faut aussi parler séparément de la communication. Un projet, c’est un long processus : plusieurs mois, parfois un an. Vous allez parler avec le designer en permanence, discuter de dizaines de détails, prendre des décisions ensemble. Si la personne vous est désagréable, ne vous écoute pas, se place dans la posture « je suis l’artiste, vous ne comprenez rien », alors aucun « goût parfait » ne sauvera la situation. Il est important que la communication soit simple, respectueuse, ouverte. Et n’ayez pas peur de vous fier à votre ressenti : si après l’échange vous gardez une impression de légèreté et de compréhension, c’est bon signe. Si au contraire quelque chose cloche, même si le portfolio est superbe, méfiance.

Parlons maintenant des documents et de la transparence. Un vrai professionnel travaille toujours avec un contrat où sont clairement indiqués les délais, les étapes, les coûts et ce que comprend la prestation. Ce n’est pas une formalité, mais une protection pour vous comme pour le designer. Le contrat doit préciser qui est responsable des plans, du suivi de chantier, de la sélection et commande des matériaux. Si le designer évite ce sujet ou dit « on verra plus tard », c’est un signal d’alarme. Mieux vaut tout clarifier dès le départ.

Un autre indicateur d’un bon designer, c’est sa capacité à assumer la responsabilité et à expliquer ses choix. Si le professionnel peut expliquer calmement pourquoi il a proposé telle solution, telle implantation, pourquoi il a écarté telle idée, vous avez affaire à quelqu’un de sérieux. Si, au contraire, les arguments se résument à « c’est tendance », « je le vois comme ça », « tout le monde fait comme ça », c’est qu’il ne comprend pas vraiment comment fonctionne l’ergonomie et la logique d’un intérieur.

Il est également important que le designer sache écouter, mais aussi orienter. Il arrive que le client veuille tout à la fois : un miroir panoramique, un mur vert, un canapé rose et des moulures partout. Un mauvais designer va simplement hocher la tête et tout dessiner, et cela finira en chaos. Un bon designer expliquera ce qui ne va pas ensemble, pourquoi il vaut mieux simplifier, ce qui fonctionnera mieux. Le design n’est pas un service « faites exactement ce que je demande », c’est un partenariat où vous et le designer créez l’espace ensemble.

Voici maintenant un petit check-list — des questions à poser lors du premier rendez-vous :

  • Comment commencez-vous un projet ? Quelles sont vos étapes ?
  • Qu’est-ce que je recevrai au final — quels documents, plans, visualisations ?
  • Travaillez-vous avec des entrepreneurs et fournisseurs de confiance ?
  • Puis-je voir des réalisations ou des photos après travaux ?
  • Combien de projets gérez-vous en même temps ?
  • Que comprend le suivi de chantier et à quoi sert-il ?
  • Puis-je voir un exemple de votre contrat et d’un budget estimatif ?
  • Comment m’aidez-vous à contrôler le budget ?
  • Que faites-vous si le client change d’avis et n’aime plus une solution choisie ?
  • Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un projet est réussi ?

Les réponses à ces questions vous aideront à comprendre non seulement le professionnalisme, mais aussi le caractère de la personne et sa manière de travailler.

Pour finir, le conseil principal : ne cherchez pas « le designer le plus à la mode », cherchez le vôtre. Celui avec qui vous vous sentez à l’aise et en confiance, dont la logique vous parle, dont les décisions vous semblent naturelles. Un intérieur, ce n’est pas un stand d’exposition, c’est votre vie. Et le designer ne doit pas vous imposer son goût, mais vous aider à révéler le vôtre.

Si, après le premier rendez-vous, vous avez le sentiment d’être sur la même longueur d’onde, que la personne parle de choses concrètes et pas juste pour l’effet, alors vous avez fait le bon choix. Parce qu’un bon designer, ce n’est pas seulement une question de style, c’est une question de soin, d’attention et de capacité à transformer des mots comme « confort » en un espace où vous vous sentez réellement chez vous.